ajafan a écrit :On est vraiment dans le débat là, quelle est l'influence de Messi dans le jeu du Barça ? et même dans l'institution ?
C'est la question que l'on pose dans cet article sur le site Goal.com. Honnêtement, je n'ai moi-même pas un avis tranché sur la question, même si je pense, comme Max, que nous sommes arrivé à un point ou Messi fait plus le Barça que l'inverse...
http://www.goal.com/fr/news/32/espagne/ ... bl%C3%A8me" onclick="window.open(this.href);return false;
Moi, je pense au contraire qu'on est vraiment dans un faux débat. Dire que Messi dessert le Barça est un contre sens total. Je m'explique.
Messi, à l'instar des Platini, Maradona, Cruyff, Beckenbauer, etc. est un patron et sur le terrain et dans le vestiaire.
C'est un joueur qui pèse aussi sur les choix tactiques et dans une moindre mesure (arrêtons de l'imaginer en joueur tyran) sur le choix d'un ou deux joueurs. Ce que je veux dire, c'est que Léo Messi n'a rien inventé. Bien d'autres avant lui (et pas des moindres) ont agi de cette manière.
Au Bayern, je me souviens des Lothar Matthaüs ou Oliver Kahn qui étaient à l'époque tout sauf des capitaines servants aux ordres du coach. Un Deschamps et quelques autres n'ont pas agi autrement en équipe de France en 1998. Que Messi ait ce profil ne me dérange absolument pas. S'en indigner, c'est faire preuve de naïveté. Le sport de haut niveau (et ce dans toutes les disciplines) a besoin de joueurs de cette trempe.
"Fin de cycle", "fin de l'hégémonie", etc. Et tout s'emballe tout d'un coup...
Prenons un peu de recul. Le Barça traverse une période difficile (quel club n'en a pas connu ?) mais reste largement en tête de la Liga (j'entends les détracteurs du Barça dirent que le championnat espagnol n'impressionne guère sorti de quelques clubs. Je ne sais pas trop au regard de quoi. Car après tout, quatre clubs espagnols (Barça, Real, Malaga et Valence) sont encore en course dans la Champions League. Hasard ?). Je pense plutôt que c'est une tactique de jeu qui est en train de prendre fin au Barça.
Le jeu des Blaugranas tout en mouvements rapides, en décalages, en appels, en dédoublements, n'est plus (ou presque) une énigme pour les défenses adverses. Il a suffit d'une défense à plat en deux lignes compactes pour bloquer hier soir toutes les velléités offensives des Catalans et de beaucoup de réalisme sur des contre-attaques éclair pour l'emporter.
Plus que la fin d'un cycle, le Barça me semble être confronté aujourd'hui à des choix d'ordre tactique. Je pense qu'un Barça plus pragmatique l'aurait emporté hier soir. Avec un but marqué à Santiago Bernabeu, les Catalans n'avaient pas à prendre l'initiative du jeu. Pour être tout à fait clair, les Barcelonais ont été un peu présomptueux de vouloir enfoncer le clou contre le Real. Ils auraient du endosser la tactique qu'a été celle de leur adversaire. Ronaldo n'aime rien tant que les espaces, etc. Mais cela ne fait pas partie de leur "philosophie" de jeu. Ceci n'explique évidemment pas tout de la défaite d'hier soir (la fatigue physique de certains joueurs y a contribué aussi) mais je pense qu'il y a beaucoup de cela.
Le Barça doit se aujourd'hui se persuader que son jeu, aussi beau soit-il, ne peut suffire (face à des équipes très bien organisées) pour l'emporter. Le club doit faire de nouveaux choix tactiques et peut-être commencer par admettre que dans des matchs clés (comme ceux à Milan ou face au Real), il lui faut bétonner et se contenter d'un jeu moins léché.
A Milan, il y a eu de la suffisance. Les Barcelonais ont voulu prendre l'initiative du jeu mais avec le minimum de risques. Ils n'ont en définitive fait que conserver le ballon sans se montrer dangereux. C'est bien maigre. Une équipe pragmatique regroupée et solidaire en défense aurait eu toute la latitude de faire la différence au match retour à domicile. Les Catalans se sont surestimés sur ce coup là. Cela pourrait leur coûter cher.
A mon sens, le Barça doit, sur certains matchs clés, adopter une attitude plus pragmatique, plus réaliste. Si rien n'est fait, à ce moment là (et seulement à ce moment là), on pourra parler de fin de cycle. J'en serais le premier déçu.