C'est normal, oui et non.
Que l'on se le dise, le Stade Toulousain a un effectif de très grande qualité. Mais il y a quelque chose qui ne passe pas ou plus. Aujourd'hui, le ST ne fait plus peur. Il est devenu une équipe au jeu très prévisible.
Personnellement, j'ai du mal à y voir clair et à comprendre le malaise qui entoure le club depuis maintenant deux saisons. J'émets quelques hypothèses mais qui ne vont jamais très loin. Le staff ? les joueurs ? Les choix sportifs et économiques du club ("le changement de culture" dont parlait la saison dernière Guy Novès) ? les choix tactiques sur le terrain ? Un recrutement adapté ? La place des jeunes ? Poursuivre avec ou sans Novès ? Des querelles dans et autour du club ? etc. Il y a sans doute un peu de tout ça. Mais il est difficile d'établir une hiérarchie dans toute cette énumération.
Le rugby contrairement au football est un sport moins exposé médiatiquement et où, donc, les problèmes se règlent en famille. En fait, ça communique peu vers l'extérieur.
En tout cas, le Stade Toulousain ne pourra plus très longtemps faire l'économie d'une vraie réflexion sur son devenir et donc sur ses ambitions. Si le club passe à côté de ça, des lendemains qui déchantent sont vraiment à craindre. Il faut que les dirigeants (et Bouscatel à leur tête) créent les conditions nécessaires pour une nouvelle mobilisation collective (staff et joueurs). Cela passera-t-il par la venue de joueurs de niveau international (le ST suit actuellement de très près le troisième ligne all-black Jérôme Kaino et Uini Atonio) ? Sans doute mais pas totalement non plus.
Dans l'immédiat, il s'agit de sauver une saison. Non pour participer à la phase finale du Top14 (actuellement, je ne pense pas que le ST y mérite sa place) mais pour se sauver de la relégation. On sait comment une équipe sous pression (c'est le cas du Stade Toulousain aujourd'hui) peut se mettre à déjouer et rentrer dans une spirale négative. Il ne suffit pas de s'appeler Stade Toulousain pour s'en croire exonéré.
Un article paru tout récemment dans
L'Equipe dresse un constat chiffré alarmant de la situation actuelle du Stade Toulousain :
[infos]
Le déclin du Stade Toulousain en chiffres
Battu à Montpellier dimanche (26-27), Toulouse a été éliminé dès la phase de poules de la Coupe d'Europe. Depuis son dernier titre, le Brennus en 2012, le Stade, aujourd'hui 7e du Top 14, décline. La preuve en chiffres.
5
C’est la cinquième fois que Toulouse ne sort pas des poules de Coupe d’Europe, après 2001, 2002, 2007 et 2013. Cela est donc arrivé deux années d’affilée mais en 2001, c’est en Top 14 que le club avait brillé en décrochant le Brennus. Cela s’annonce plus compliqué en 2015…
2010
C’est l’année du dernier quart de finale de Coupe d’Europe joué à domicile par le Stade Toulousain, et de son dernier titre continental. Sortis en tête d'une poule où se trouvaient les Cardiff Blues, Sale et les Harlequins, les hommes de Guy Novès avaient accueilli le Stade Français. Les Toulousains s'étaient d'ailleurs largement imposés (42-16) et étaient lancés vers le sacre européen. En 2011, 2012 et 2014, le quadruple champion d’Europe a été contraint de se déplacer en quarts, respectivement à Biarritz (victoire 27-20), à
Edimbourg (défaite 19-14) et au Munster (défaite 47-23).
4
C’est la quatrième saison consécutive au cours de laquelle les Toulousains ne verront pas le dernier carré européen. Demi-finalistes en 2011, ils ont échoué en quarts en 2012 et en 2014 et ont été éliminés en poules en 2013 et 2015. Entre 1996 et 2010, soit 15 éditions, le Stade avait atteint les demi-finales 9 fois.
2012
C’est l’année du 19e (et dernier, à ce jour) titre de champion de France de Toulouse. Depuis, le club régresse: 3e de la saison régulière en 2013, il a passé les barrages avant de s’incliner en demies face à Toulon. 4e en 2014, il a été éliminé en barrages et ne s’est pas qualifié pour les demi-finales pour la première fois depuis 1993.
7
C’est la position occupée par le Stade après 16 journées de Top 14. Avec huit défaites au compteur, soit déjà deux de plus que sur l’ensemble de la saison régulière 2011-2012, Toulouse est vraiment menacé dans la course à la phase finale. Une septième place à la fin de la saison ne serait pas rédhibitoire pour la qualification en Coupe d’Europe car elle donne accès à un barrage face au 7e du championnat anglais. Si le club finit au-delà de la 7e place, le titre européen se jouera sans Toulouse en 2015-2016, ce qui serait une première dans l’histoire de la compétition.
5
Entre le 30 août et le 26 septembre dernier, Toulouse a connu une série de cinq défaites consécutives en Championnat, la plus longue des cinquante dernières années pour le club haut-garonnais. Quatre de ces accrocs avaient été concédés à l'extérieur. C'est d'ailleurs loin de leurs bases que Guy Novès et ses joueurs ont (beaucoup) connu la défaite ces derniers mois : une seule victoire à l’extérieur lors de la saison régulière en 2013-2014.
4
Après le forfait de Louis Picamoles, quatre Toulousains ont été appelés pour le Tournoi des VI Nations 2015 par Philippe Saint-André: Yoann Maestri, Thierry Dusautoir, Yannick Nyanga et Yoann Huget. Ils étaient 8 pour le Tournoi 2014 (Maestri, Dusautoir, Nyanga, Picamoles, Doussain, Fickou, Médard et Huget) et autant pour le Tournoi 2013 (Maestri, Dusautoir, Nyanga, Picamoles, Clerc, Fickou, Fritz et Huget).[/infos]
Sous les chiffres, il y a des hommes, une histoire aussi.
En 1985, les Gabernet, Janik, Cigagna, Rougé-Thomas, Charvet, Rancoule, Bonneval, les frères Portolan en première ligne, etc. m'ont vraiment fait aimé le Stade Toulousain. Plus loin en 1995-1996 (saison du doublé championnat de France - Coupe d'Europe), les Ougier, Ntamack, Carbonneau, Castaignède, Berty, Cazalbou

, Deylaud, Miorin* (quelles épaules !!), Dispagne, Lacroix, etc. finissaient de me convaincre de supporter le Stade Toulousain.
Sans vouloir faire ancien combattant, depuis ces périodes, j'ai avec le Stade Toulousain connu de très bons moments, de moins bons aussi. Ceux que je vis depuis deux saisons (et plus encore l'actuelle) sont de loin les plus maussades.

Hugues Miorin et ses épaules.
Christophe Dominici, c'est celui qui essaye de s'accrocher.