D'abord j'apprécie la réponse argumentée à laquelle je vais essayer de répondre :Jod a écrit : 23 avr. 2026, 11:59Le problème n'est pas tant de savoir si les fumigènes ont détruit quelque chose ou pas... La seule question à se poser (par les Ultras, mais par les autres aussi) est, comme le dit tequila : "Exerçons-nous notre liberté au détriment d'une autre ?" Et si la réponse est oui, alors peut-être faut-il revoir la façon dont on emploie la liberté qui nous ait donnée...Pierre de l'AJA a écrit : 23 avr. 2026, 11:36Je ne suis pas ultra et ne vais jamais dans cette tribune. Car ce n’est pas ma façon de vivre un match. En revanche, je ne prends pas un abonnement ici justement pour cette raison. Parce que je sais qu’il y a un risque.tequila a écrit : 23 avr. 2026, 09:55
Pour citer John Stuart Mill : "la liberté s'arrête là ou commence celle des autres". Vous vous servez de ce qui vous arrange pour porter "votre" définition de la liberté. Le seul résultat qui compte est la sanction qui vient de tomber, probablement au plus mauvais moment puisque votre "soit disant" club de coeur a énormément besoin d'un soutien total jusqu'à la fin de la saison et au moment même où il va recevoir deux équipes qui peuvent lui apporter le salut, sans les barrages. Au lieu de vous excuser pour un mouvement idiot (et je pèse le mot puisque vous connaissiez à l'avance son résultat) vous persévérez dans l'erreur (car s'en est une !) Libre à vous, bien sûr (puisque ce mot semble si important pour vous) mais priez désormais pour que l'A.J.A. n'ai pas à pâtir de votre action.
C'est en tous cas le souhait que je formule pour ma part pour le club que je supporte ardemment depuis maintenant plus de 45 ans sans tomber dans les excès.
Parler d’excès pour les ultras auxerrois c’est nourrir la culture de la soumission aux autorités. Toute l’année on déplore les interdictions de déplacement, les décisions ubuesques à quelques heures des rencontres. Et là, quand l’une d’entre elles nous touche on se range finalement du côté de ceux qui portent atteinte abusivement aux libertés.
Des excès, ce sont les supporters marseillais qui détruisent le centre-ville. Certainement pas deux trois fumigènes tout au long de la saison puis quelques dizaines pour un anniversaire.
Je vais prendre un exemple pour essayer de me faire comprendre : Rouler à 200 km/h sans causer aucun dommage ni aucun accident, est-ce permis ? Non...
Et pourtant, vous employez votre liberté d'aller et venir sans avoir causé aucun dommage à personne, juste en tentant de vous faire un petit plaisir personnel... Pour autant, pris de manière personnel et quasi unique, on pourrait se dire que c'est drôlement chouette.
ça commencerait à l'être un peu moins si 2 personnes venaient à le faire, après tout pourquoi pas ? puis 3, puis 5, puis 10, puis 100, puis tous...
Sans doute voyez-vous où je veux en venir... Cela s'appelle les règles de conduite (sans mauvais jeu de mots) en société. Si chacun ne tient compte que de son petit plaisir personnel sans se soucier de son voisin, ce n'est plus une société vivable, mais un chaos.
Alors certes, cette notion de "vivre ensemble" se ringardise chaque jour un peu plus, c'est réac', limite beauf... Mais ça demeure le socle minimum d'une société qui se veut civilisée et unifiée.
Là où vous voyez une soumission aux autorités, j'y vois une acceptation induite des règles de la vie communautaire que nous vivons chaque jour (Coucou Rousseau). Celles qui font que je ne chie pas en pleine rue quand l'envie m'en viens, que je ne bute pas mon voisin au 1er aboiement de son clébard, que je ne me sers pas dans un grande surface sans payer, que je ne soulève pas la jupe d'une jolie fille dans le métro...etc... toutes ces règles qui sont censées nous distinguer un tant soit peu de l'animal, quand bien même, je vous l'accorde, ce n'est pas toujours évident au 1er regard...
Pour revenir sur du concret, et sur ce qui nous anime ici (l'AJA), à partir du moment où ça pénalise en plus notre club (la fermeture d'une tribune), on touche là à l'absurde ultime de la chose : vouloir tellement exercer son droit à la liberté d'une manière absolue et démesurée qu'on s'en pénalise soi-même, et qu'on pénalise les autres... Cette lecture du droit à la liberté individuelle n'est pas entendable, à partir du moment où son bilan coût/avantage est fortement déséquilibré du côté des inconvénients (collectifs) plus que des bénéfices (individuels)...
- La liberté s'arrête là où commence celle des autres : c'est vrai, et c'est aussi vrai comme j'ai pu le lire que c'est un de nos principes fondamentaux prévu dans la DDHC. C'est l'article 4 mais il ne faut pas s'arrêter là. Les révolutionnaires ont écrit un article... 5 qui continue de décrire et de protéger la liberté. Et que dit-il ? Que "La loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Tout ce qui n'est pas défendu par la loi ne peut être empêché". Autrement dit, les bornes à la liberté ne peuvent pas être discrétionnaires et arbitraires. Si l'on interdit quelque chose, c'est parce qu'on perturbe l'ordre social. Or, si l'on revient à la règle qui est à l'origine de la sanction : celle-ci interdit à des ultras et supporters d'allumer des engins pyrotechniques. La seule question que nous devons donc nous poser est la suivante : allumer des fumigènes dans un stade de foot est-ce une action nuisible à la société ?
Personnellement je ne le crois pas tant que cela reste mesuré comme c'est le cas à Auxerre (toujours s'en tenir au contexte, au cas par cas quand on fait de la philosophie du droit). Selon moi, vous confondez la conséquence de la sanction c'est-à-dire la fermeture d'une partie de la tribune (qui entrave la liberté d'autrui) avec la règle à partir de laquelle cette sanction a été décidée. Si une règle porte atteinte à la liberté sans fondements et de façon disproportionnée et que cela engendre des sanctions qui pénalisent tout le monde, le problème est-ce la la règle ou les personnes qui essaient d'exercer leur liberté sans que leurs actions ne nuisent à la société ? C'est évidemment la règle. Les fumigènes ne portent pas atteinte à la liberté des autres (sauf à dire qu'on ne voit rien pendant quelques instants ou qu'on est intoxiqué, mais dans ce cas vous êtes libres de ne pas venir dans cette tribune). C'est la sanction qui nuit à la liberté des autres. Or si la sanction et l'interdiction sont grotesques et attentatoires aux libertés alors c'est elles qui vous empêchent d'assister aux dernières rencontres. Pas les ultras mais bien les autorités.
- Je le répète pour conclure : on parle de fumigènes craqués de façon relativement massive à raison d'une journée ou deux par saison. Voilà ce qui engendre une sanction disproportionnée. La comparaison avec les 200 km/h, le fait de chier dans la rue, de buter son voisin, de voler ou d'agresser sexuellement des femmes me paraît très déplacé. Un relativisme entre des actes aux fondements fort éloignés.