quelques extraits :
« Quel est le joueur le plus fort avec lequel vous avez joué ?
Enzo Scifo. Je trouvais un espace entre les défenseurs ? Il me glissait le ballon là, où il devait arriver. En plus de sentir le jeu, c'était un bon mec, simple et gentil.
Le plus sympa ?
Bruno Martini. J'ai adoré son personnage. En plus d'être un gardien au top et un grand pro, il était toujours réfléchi, et pas que sur le foot et son métier. Comme sa femme s'entendait bien avec la mienne, on mangeait ensemble. Un soir, je regarde un jeu d'échecs posé sur une étagère. Il me demande : "Une partie ?" "Tu sais, nous les Hongrois, on aime les échecs et on y joue assez bien." Je pousse un premier pion sur l'échiquier, et il prend aussitôt des notes. Je réfléchissais trente secondes avant un coup et lui trois minutes. J'ai perdu. Même aux échecs, Bruno était un grand pro. Sa mort m'a beaucoup touché.
Le défenseur le plus fort contre lequel vous avez joué ?
Basile Boli. Après avoir aussi joué avec lui à Auxerre, je l'ai affronté deux fois contre l'OM. Il était vraiment costaud. Son fils Franck joue attaquant en Hongrie (à Ferencvaros). J'adore. La tradition des Boli footballeurs continue. Moi, je ne sais faire que des garçons. C'est ma spécialité. Mais aucun des quatre n'est pro.
La consigne d'entraîneur que vous n'avez jamais oubliée ?
Le matin d'un match contre le Paris-SG, je ne peux pas jouer à cause d'une béquille à une cuisse. Guy Roux me dit : "Viens avec moi, on va en forêt." Bien que déjà un peu âgé et en surpoids, il a fait un footing d'une demi-heure à mes côtés. À la fin, je lui demande : "Pourquoi ?" Il me répond : "Quand je cours, le sang circule mieux dans ma tête. Elle est plus fraîche et cela m'aide à réfléchir sur le match." Depuis, quand je dois prendre une décision, de préférence la bonne, je vais courir.
Le match le plus important de votre carrière ?
Celui contre Liverpool. Je donne le premier but à Ferreri et je marque le second (2-0, le 23 octobre 1991, en 16es de finale aller de la C3). À la suite de ma prestation, Chelsea me veut. Mais je ne l'ai su qu'après. Guy Roux ne m'a rien dit. Au retour (0-3 à Anfield), je me blesse d'entrée. Gérald Baticle me remplace contre le Paris-SG et marque (2-2, le 30 novembre). J'avais signé cinq ans à l'AJA mais c'était fini pour moi.
Le but le plus important ?
La veille de notre match au Dinamo Zagreb, on est catastrophiques à l'entraînement. Je suis assis avec Didier Otokoré, devant le bus, en attendant les autres joueurs encore sous la douche, et il me dit : "Arrête de t'inquiéter. On va gagner." Le lendemain, j'ouvre le score et Didier met un doublé (3-1, le 23 août 1989 lors du tour préliminaire de la Coupe de l'UEFA ; aller : 0-1). C'était la première fois que l'AJA passait un tour et cela a tout déclenché en Coupes d'Europe.
https://www.lequipe.fr/Football/Article ... ur/1248048