Michel Seydoux a écrit :Je sais pas s'il va etre apprecié dans le peloton a force de faire des petit trucs comme ça, le Sagan.
Perso je m'en fous, mais ca doit en irriter certains.
Article d'Eurosport sur ce sujet:
[infos]Sagan, ça gagne, ça râle
Le Tour ne parle que de Peter Sagan depuis quelques jours. Une facette du Slovaque fait l'unanimité: son talent. Personne ne découvre sa classe folle, mais en s'imposant par deux fois en 48 heures, qui plus est avec une facilité déconcertante, sur la grande scène du Tour de France, il change encore de dimension. Sur ce point, personne ne trouve rien à redire. Il faudrait être sacrément de mauvaise foi pour s'engager sur cette voie. En revanche, si Sagan impressionne, il en agace aussi certains par son exubérance. Ses démonstrations de joie, dimanche à Liège et plus encore mardi à Boulogne-sur-Mer, ont provoqué un petit émoi chez une bonne partie du peloton et des suiveurs. Plus que je ne l'aurais imaginé.
Le tweet de Robbie Hunter, mardi soir, a bien résumé cette confusion des sentiments envers la perle de Liquigas, entre admiration et agacement. "Superbe victoire de Sagan encore une fois, il a la classe ! Mais je ne peux pas dire que j'ai aimé sa célébration à la face de ses adversaires", a écrit sur son compte le Sud-Africain. D'autres que lui, comme notre consultant Richard Virenque ou encore le manager de la Garmin Jonathan Vaughters qui a qualifié de "stupide" la manifestation de Sagan, n'ont guère apprécié cet épanchement C'est vrai, nous ne sommes pas vraiment habitués à voir un coureur se transformer en showman en coupant la ligne d'arrivée. Je comprends que l'attitude de Sagan, qui a imité avec un mouvement de bras Forrest Gump en train de courir, ait pu surprendre. Mais pourquoi y voir de l'arrogance? Il n'a pas fait ça contre ses adversaires, mais pour lui, et pour ses coéquipiers, avec qui il avait préparé cette petite scène la veille, ce qui, au passage, en dit long sur la confiance qui habite le jeune homme, convaincu de sa propre victoire.
Je n'ai pas trouvé Sagan provocant mardi. Exubérant, oui, sans aucun doute. Tant mieux. Aucun règlement ne stipule de quelle façon un coureur doit célébrer une victoire, jusqu'à quelle hauteur il doit lever les bras, s'il a le droit de crier ou pas. Ce qui est inhabituel n'est pas nécessairement irrespectueux. Je n'ai franchement pas envie qu'on en arrive, comme en NFL, à interdire les démonstrations de joie trop marquées. Je me méfie, l'UCI serait capable d'y penser… En attendant, laissez Sagan à sa joie. Laissez-le être heureux et laissez-le le montrer, à sa façon. Il n'a insulté personne que je sache. Il n'a pas fait de bras d'honneur en coupant la ligne. Ecoutez-le, lisez-le et vous verrez un jeune homme très respectueux des autres, non dépourvu, ce qui ne gâte rien, d'un certain sens de l'humour.
Quoi qu'il en soit, il faut souhaiter que la forme ne l'emporte pas sur le fond. Sagan est en train d'accomplir un début de Tour fantastique, surtout pour un débutant, et plus encore pour un novice de 22 printemps. Il n'est pas comme les autres et c'est une chance. A tous points de vue. La tornade slovaque fait souffler un grand vent de fraicheur. Ivan Basso évoque d'ailleurs une ambiance "spéciale" chez Liquigas. Le vétéran italien se sent rajeunir au contact de Sagan et de sa "douce folie", comme il dit. D'autres, même en dehors de Liquigas, ont également pris sa défense. David Millar, qui se dit "totalement pour la célébration dingue", de Sagan, rappelle que le jeune effronté n'a que 22 ans et "le temps de grandir". Mais j'irai plus loin que Millar: son âge n'est pas une excuse puisqu'il n'a à s'excuser de rien. Dans l'idéal, j'espère que Sagan ne perdra pas cette spontanéité. Qu'il n'abandonne pas cette joie de vivre et de gagner.
Par son extraordinaire précocité, son indéniable classe et sa personnalité, Sagan est en train de dépoussiérer le cyclisme. Et, de mon point de vue, il dépoussière sans faire de rayure. Puis, à ses confrères détracteurs du peloton, un petit message: vous n'aimez pas la façon dont Sagan célèbre ses victoires? D'accord. Alors, empêchez-le de vous battre. Vous râliez? Et bien, gagnez, maintenant.
Laurent VERGNE[/infos]